Le Journal de Montréal parle de nous!

De gauche à droite: Enora Hwang, Nathan Chagoya, Aurore Liang, Ran Wang et Michelle Jiang (photo: Aurore Liang artiste et ses collaborateurs)

Par Marianne Lafleur

Le milieu de la culture montréalaise est inquiet et doit redoubler d’efforts pour que son public se déplace pendant la grève de la STM.

«On peut normalement remplir nos salles, mais là on a de la difficulté, donc on doit augmenter ​nos efforts [pour attirer les gens]», confie Aurore Liang Tianzhi, directrice de la troupe de théâtre indépendante Aurore Liang et ses collaborateurs.

Pour son spectacle prévu dans deux semaines à La Porte rouge, son équipe ira faire du porte-à-porte dans le quartier Villeray, qui abrite la salle de spectacle, afin d’inviter les résidents à venir assister au spectacle à pied.

Les différentes salles de spectacle interrogées abondent dans le même sens: la grève de la STM vient fragiliser un milieu déjà précaire aux horaires atypiques.

Plusieurs établissements notent que le public tente de reporter leurs sorties, attendent avant d’acheter des billets ou ne se présentent tout simplement pas.

Moins de présence, plus d’incertitude

Au Théâtre Prospero, on observe un ralentissement des préventes. «Les gens attendent de voir si la situation va se régler avant de prendre les billets […] ça peut créer un bouchon potentiel et de l’imprévisibilité», explique le codirecteur Vincent de Repentigny.

Les cinémas ne sont pas épargnés. «Depuis samedi, 10% des acheteurs et acheteuses de billets se sont absentés lors de leur projection», constate Éléonore Meunier, adjointe exécutive pour le cinéma Post-moderne, situé dans le Mile End.

Cette dernière s’attend à un nombre élevé de demandes de remboursement ainsi qu’à une baisse de ventes de billets pour le mois à venir.

Même son de cloche du côté du Théâtre Outremont, où la billetterie reçoit beaucoup de demandes de remboursement. «Ça crée beaucoup d’inquiétude», confie le codirecteur David Laferrière.

Clientèle étudiante en première ligne

Une autre crainte qui pèse est l’offre pour le milieu scolaire. «Il y a beaucoup d’écoles qui fréquentent notre lieu et qui se déplacent en transports en commun», explique M. Laferrière.

Le Théâtre Denise-Pelletier anticipe le même problème. Seulement pour le mois de novembre, 8500 élèves sont attendus, dont 3000 sont censés se déplacer en transports en commun.

«Certains billets sont déjà payés, mais l’impact que ça risque d’avoir, c’est que les comédiens jouent devant des salles vides», craint Julie Houle, la directrice des communications au Théâtre Denise-Pelletier.

Pour accommoder le public, certaines salles adaptent leur fonctionnement. Le Théâtre du Rideau Vert a décidé d’ouvrir ses portes plus tôt et de prolonger l’accueil après ses représentations. La Place des Arts, qui gère six salles de spectacle, fera de même.

Cette situation affecte également le personnel des institutions culturelles qui doivent notamment réajuster l’horaire de leurs répétitions, les annuler ou travailler des heures supplémentaires.

Source (in French): Le Journal de Montréal